Le rapport annuel

Ha, la première année, celle des découvertes fascinantes et de l’effervescence surréaliste! Voilà maintenant 365 nuits que j’entretiens une relation purement textuelle avec vous, chers lecteurs lettrés, mais surtout avec vous, chères lectrices adorées (80% de mon lectorat conduit mal). Je vous en remercie solennellement. Et même si contrairement au célibataire malhabile ou à l’homme marié je n’accueille  pas le rapport annuel avec fébrilité, un léger bilan s’impose.

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Avant de commencer, ceux qui s’attendent à trouver sur ce site des stratégies ingénieuses pour gagner aux échecs, veuillez quitter l’audience dès maintenant. Il s’agit plus d’un blogue de dames. Et le seul jeu de société traité dans ces lignes est probablement le jeu de la séduction.

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Pour ceux qui méconnaissent votre humble serviteur, je m’appelle Mathieu Avoine. Détrompez-vous, il ne s’agit pas d’un pseudonyme absurde, mes ancêtres m’ont réellement conféré un nom de nature céréalière. Au primaire, ma mère me disait de répondre aux moqueries des enfants méchants (désolé pour le pléonasme) en évoquant le fait que « mon nom inspire la santé ». À l’adolescence, je balançais qu’il s’agit d’un clin d’œil à ma grosse graine. Aujourd’hui, je rapplique en disant que c’est parce que je suis « cultivé » (quoique la théorie anatomique n’est jamais encore bien loin). Comme quoi la vanité à saveur humoristique qui m’habite ne s’est pas estompée au fil des années.

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J’aime rire. J’aime m’écrier. Les plus linguistes d’entre vous auront remarqué que les lettres de ces deux mots composent le troisième verbe qui m’anime : écrire. Voilà pourquoi j’investis tant d’énergie cérébrale dans ce projet. Je gagne ma vie en manipulant les mots pour heurter la sensibilité des gens. À force de le faire pour vendre des blanchiments de dents, créer de l’achalandage à un événement ou autres foutaises du genre, j’ai senti le besoin d’écrire égoïstement. Mettre sa plume au profit des corporations au détriment de soi-même assure certes une santé financière, mais pas mentale.

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Au cours de la dernière année, j’ai publié 21 articles qui ont suscité différentes réactions. Dans mon modeste top 5 se retrouve un texte qui m’émeut à chaque relecture, un qui a fait exploser mon lectorat, un composé saoul le choc avec les mains qui tremblent, un qui vous a désagréablement surpris et un très enivrant si amusant à écrire. Mention honorable à mon coup de cœur personnel et déshonorable à mon prix citron.

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Un peu à l’image d’une relation de couple, mon défi sera de continuer à vous surprendre sans laisser la monotonie et la routine me damer le pion. Et étant donné qu’un rapport annuel se clôt habituellement par un objectif en vue de la prochaine année, voici le mien : générer de nouveaux frissons. D’émotion vive, d’éclat de rire, de profond dégoût, d’ardent désir, peu importe, tant qu’il parcoure l’échine. Voilà selon moi l’essence même de l’écriture, publicitaire ou viscérale : émouvoir pour frissonner.

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— Échec-et-Math

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