L’ode aux aubergistes

Je lève mon verre à ceux et celles qui se jettent dans le bar comme dans l’arène d’un cirque, carburent au Jack et à l’adrénaline nocturne, passent de barman à Superman en conjuguant travail/études/famille/horaire de nuit, usent de stratégie déloyale pour transformer un vulgaire Monday night en débâcle « immémorable », mémorisent les caprices des habitués bien installés,  s’improvisent psy d’un soir auprès des alcooliques notoires.

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Ceux et celles qui tombent en mode party au détriment de leur propre anxiété, activent leur radar pour détecter les acheteurs de tournées, aguichent malicieusement le sexe opposé et parfois même leurs semblables, dégainent le Azbar plus vite que leur ombre, mettent littéralement le feu sur et dans le bar, gèrent les insupportables qui supportent mal l’ivresse, criblent leurs vêtements stigmatisés à jamais par la grenadine ou le foutu Curaçao bleu.

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Ceux et celles qui défoncent leurs proches à rabais, célèbrent nos succès et noient nos échecs, jonglent avec les alcools limpides et les conquêtes obscures, s’enfilent un spaghetti gratiné à 6 heures de la matinée, s’impatientent parce qu’un appel à midi est un appel trop tôt, souscrivent volontairement au temps supplémentaire à chaque soirée où ils sont conviés, liquident leurs liquidités à la source, connaissent « la veille du lendemain » mais pas le lendemain de veille.

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Et, finalement, ceux et celles qui s’approchent, écoutent, coulent, concoctent, improvisent, shake, versent, décorent, servent, sourient, flirtent et m’accompagnent bravement dans chacune de mes nuits de pures folies.

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Santé à vous tous et au plus effervescent des métiers que j’ai pratiqués.

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— Échec et Math

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