[L’été]

C’est la pêche à partir du bord ou à partir du bar [« On se connaît pas, mais laisse-moi deviner ce que tu fais dans la vie à part être la personne la plus séduisante de la place. »].

 

C’est les pieds qui crament sur le sable d’une plage exotique ou sur le béton de la piscine publique [question de budget].

 

C’est les mamis qui ont toujours trop chaud et les papis qui ne sont « jamais » trop chauds [« Bin voyons, j’ai juste pris 2-3 bières. »].

 

C’est le moment où pousse une lime dans les goulots et que le jus d’agrumes rougit en rencontrant le vin et le Triple Sexe [dixit les matantes grivoises grisées].

 

C’est l’émergence de tendres souvenirs comme les abeilles sans pitié pour Thomas J. et le ver d’oreille dédié à Darla [« Tu es la plus mignonne, crois-moi, j’craque pour toi »].

 

C’est là où les papas déterrent leur fameux maillot de bain mi-cuisse Fila, designé autour d’un fishnet interne et ceint d’un élégant cordon blanc toujours « trop court » [important : les modèles datant d’avant 1990 doivent être portés au dessus du nombril].

 

C’est le moment magique où les filles décident curieusement que de se pavaner en bikini, c’est vraiment moins gênant que de le faire en sous-vêtements [conséquence : des gars qui se font bronzer sur le ventre].

 

C’est là également où elles nous dévoilent leur tatou discutable [« he, bin en gros ça représente un dauphin qui s’appelle Carpe Diem et qui plonge dans ma hanche comme si mon corps était l’océan, l’inconnu genre »] et leur plus charmant [leurs freakles].

 

C’est la musique sans écouteurs, les plaines qui se réveillent lendemain de veille 10 jours d’affilés, les échanges de regard dans la foule et les points de rassemblement utopiques [« On se rejoint à l’arbre à côté de la scène »].

 

C’est la seconde de frayeur en allumant le BBQ, le grésillement des plats tout sauf végétariens, l’accumulation de rosée sur les chaises du patio et dans les coupes en plastique Ikéa [« Il pleut, fuck, les coussins ! »].

 

C’est le ciel constellé, le feu de camp et son préposé dévoué, les guimauves caramélisées qui brûlent le palais, le sable rugueux dans le sac à coucher et l’effet de serre à 6 heures de la matinée [« Y’est où l’hostie de zip ? »].

 

C’est l’odeur unique du chalet, de la pluie et de la nuit, l’ensemble de vaisselle oldschool dépareillé, les édredons laiderons et les lits superposés [« shotgun en haut »].

 

C’est les robes d’été légères et colorées, les jupes affriolantes, les sandales de Romaine, les camisoles parfois illégales et les grosses lunettes avantageuses [à noter ici l’absence des bermudas taille haute dans cette liste contemplative].

 

C’est le bronzage d’habitant, de golfeur ou de frais chié [lire ici « lifeguard »].

 

C’est descendre les vitres électriques pour monter le beat électronique.

 

C’est transpirer le pur bonheur.

 

Bref, c’est l’été.

 

[Hell yeah]

 

 

 

2 Responses to “[L’été]”

  1. Cindy says:

    « les édredons laiderons »

    bref, j’adore.

  2. Mathieu P. says:

    Je me souviens de quelques effets de serre partagés en votre compagnie jeune homme, immédiatement après un autre type d’effet de serre…

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