Une nuit à Bangkok.

Crampe au cerveau majeure au retour de Bali: faire une escale de 16 heures à Bangkok, question de prendre des forces en vue des 20 heures de vol qui nous attendais. Double prix Nobel.

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Après un transfert d’aéroport et le dépôt libérateur de nos bagages, un chauffeur de taxi unilingue nous conduisit vers Khao San, une rue réputée pour son insomnie chronique.

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45 minutes et 250 thaï bahts plus tard (l’équivalent de 8 $ canadiens), nous voici à fouler le pavé où règnent la bouffe de rue cheap, les bars aux accroches créatives comme « We don’t ask for ID » et les tailleurs insistants qui tentent de te vendre un complet à + 40 C°.

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Mon iPhone affiche 19 h.

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Tel que convenu, 20 minutes après notre arrivée, nous avons déjà explosé notre objectif utopique de « prendre un verre bin chill en ville ».

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Attablés avec un couple d’Espagnols nous vantant la beauté de leur patrie (la meilleure publicité d’un pays provient de sources internes), nous n’avons pas connaissance des secondes qui se consument au même rythme que la chicha.

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Entre deux bouffées, l’hispanique panique et se lève d’un coup. Il revient trente minutes plus tard, arborant fièrement un nouveau piercing douteux à l’oreille gauche.

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Mon iPhone affiche 10 h.

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Un Asiatique de Vancouver s’assois à nos côtés et nous exhibe son shit tatoo fraîchement pioché. On dirait un dessin d’enfant réalisé au poignard, scellé par une couche de vaseline et de Saranwrap.

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Le fort nous est servi en 13 onces dans une chaudière avec des pailles.

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Une femme passe aux tables non pas pour vendre des roses, mais des scorpions grillés sur des brochettes.

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Tout est délicieusement anormal. À la tombée de la nuit, Kao San se transforme en Chaos San.

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Mon iPhone affiche minuit. Nous affichons une alcoolémie avancée.

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Après avoir refusé plusieurs fois, nous succombons. Pour 20 thaï bahts seulement, un inconnu louche nous emmène en Tok-Tok (petit véhicule qui ferait frissonner Jean-Marie De Koninck) vers le spectacle culturel le plus convoité de la Thaïlande : le Ping Pong Show.

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Après avoir craint le pire, nous arrivons sains et saufs à destination une demi-heure plus tard.

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Nous aboutissons dans une ruelle qui s’apparente à un véritable terrain d’entrainement pour viol. Soulagement en voyant deux occidentaux entrer dans la pénombre du club d’apparence clandestin.

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Première constatation une fois assis : l’étonnant pourcentage de filles dans l’assistance. Plusieurs curieuses se sont déplacées pour s’éblouir devant ces prouesses de sexe féminin.

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Après une petite danse aussi sensuelle qu’un ACV, la première participante sur scène s’exécute : elle chevauche un sifflet et en joue habilement en suivant le rythme de la musique ambiante.

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À la fin de sa symphonoune, elle tend son instrument à une trentenaire sidérée qui le repousse avec  dédain.

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À mon avis, son conjoint l’avait convaincue de venir après avoir fait la concession de magasiner des bijoux en argent toute la journée. Ils quittèrent dans les secondes qui suivirent.

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Nous non. Le spectacle est lancé. De là, plusieurs artistes nues fesses se succèdent :

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–       Une s’extirpe assez de guirlandes pour décorer un sapin géant ;

–       L’autre fait éclater des ballons avec des fléchettes propulsées par une sarbacane de course ;

–       La suivante fume mais ses poumons ne risquent rien.

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La foule est bouche bée. C’est la grande manifestation du sanctuaire de l’amour, la fiesta de la cunca, du génie génital!

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–       Une mystifie l’auditoire en engloutissant une bouteille d’eau pour ensuite rejeter un liquide d’une couleur violacée ;

–       L’autre catapulte un cœur de palmier au plafond et le rattrape sous les applaudissements ;

–       Et le clou du spectacle : la décapsuleuse. Tu la veux en permanence à côté de ton frigidaire.

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Mon iPhone affiche 2 heures.

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Malaise en fin de show où un Asiatique monte sur la scène avec son thaï batte et se met au travail avec une concurrente à la flexibilité remarquable. On quitte l’aventure.

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Après un épisode avec des locaux de sexe encore indéterminé, un pad thaï de fin de soirée à 1 $ et une éprouvante ride de taxi de retour avec des pointes à 170 km/h, nous voici assis dans l’avion.

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Mon iPhone affiche 6h12 du matin.

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Nous affichons une mine pitoyable. La montée est terminée, ne reste plus que le crash.

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Et c’est là que réside l’effervescence du voyage : prendre des risques sous le prétexte de l’expérience. Par chance, rien ne nous est arrivé et nous avons pu prendre ce fameux vol en un seul morceau (d’apparence un peu mastiqué).

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Quelle soirée. Comment résumer une nuit à Bangkok ? « Bad decisions make good stories. »

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