P’us jamais svp.

Dès votre arrivée, vous comprenez que vous vous trouvez en milieu hostile.

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Les voitures ne sont pas garées, elles sont égarées, voire abandonnées. On dirait que leurs occupants s’en sont extirpés alors qu’elles étaient encore en mouvement.

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Des VUS blindés trônent au sommet des terrepleins. Les zones de stationnement pour handicapées s’apparentent à des zones sinistrées.

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Les hommes et les pneus crissent, les femmes succombent à la panique, les enfants pleurent.

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Un tintamarre de klaxons agrémente la scène. Feu les feux de circulation : la seule loi qui règne ici, c’est celle du talion.

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Bienvenue chez Costco.

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Après avoir cassé la clavicule d’un baby-boomer téméraire qui tentait de shifter votre panier (le concept de courtoisie n’a pas été inventé entre 1945-1960), vous voilà dans une file d’attente qui n’est pas sans rappeler celle qui mène à l’abattoir.

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Dès votre entrée dans l’arène, vous comprenez que la signature de l’entreprise pourrait s’apparenter à “COSTCO : le plus puissant des émollients fécaux.”.

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Un sexagénaire a conclu qu’il est approprié d’essayer des vêtements quand il n’y a pas de salle prévue pour essayer des vêtements. Vous voilà donc aux premières loges pour regarder un documentaire du National Geographic sur l’homosapien de Sillery à la toison foisonnante poivre et sel.

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La dame responsable des dégustations dans le rayon des fromages pourrait se mériter le Prix Nobel de la paix. Chaque plateau qu’elle dépose se fait dévorer instantanément par des zombies avares ayant décidé de souper au comptoir de gratuités.

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Personne ne respecte le Code de la route en panier. Il stipule pourtant l’obligation de faire ses stops et ses angles morts, de laisser passer les piétons, de favoriser un partage harmonieux de l’allée et de ne surtout pas se câlisser statique au milieu de la place.

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La sécurité est défaillante. Deux nouvelles célibataires esseulées et hystériques en viennent aux coups pour le dernier baril de Nutella.

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Un homme a une télé HD, des bavettes AAA et des bobettes XL dans le même panier et passe complètement inaperçu.

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L’image aux caisses rappelle celle aux douanes à la fin des vacances de la construction. Vous faites un chassé dans le plexus du baby-boomer déjà amoché qui tente de vous dépasser.

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La dame devant vous s’en sort avec une facture à haute teneur en sodium de 2 200 $, débités du compte chèque sans même sourciller. Elle semble vraiment fascinée par le concept, ce qui explique probablement pourquoi son fils s’appelle Kirkland. La caissière vous accueille avec un sourire qui reflète l’enthousiasme d’une femme qui aime son travail. Not.

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Après avoir réhypothéqué votre propriété et vendu aux enchères une partie de votre moelle osseuse, vous finissez par payer.

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Dès lors, vous vous précipitez vers la sortie à vive allure, où une dame à la santé mentale précaire vous intercepte afin de parcourir votre facture d’un regard vide et inquiétant.

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Une fois assis dans votre voiture, haletant et troublé, vous barrez les portes pour reprendre contact avec la réalité.

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C’est à ce moment que vous réalisez qu’étant donné qu’on ne va pas chier loin avec un 5 gallons de mayo et une scelleuse sous vide, cette expérience éprouvante s’achèvera à… la bonne vieille épicerie.

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2 Responses to “P’us jamais svp.”

  1. Danie Blais says:

    Hahahahahahahahahaha Vous êtes un artiste du réalisme. J’adore. Et merci de me laisser le bonheur d’émettre l’hypothèse que je ne suis peut-être plus la seule à détester cet endroit.

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